Carrières musicales

L’édition 2022 des Carrières de Lumière, aux Baux-de-Provence (Bouches-du-Rhône, France), consacrée à Venise, la Sérénissime, fait la part belle à la peinture de Canaletto et à la musique de Vivaldi. Pas étonnant donc que l’on y croise quelques instruments dits « anciens » : buisines des hérauts dogaresques, luth courtois, et presque toute la famille des violes (dessus, tailles, contrebasse) dans les Noces de Cana de Véronèse, où l’on devine aussi trompette et cornet.

photo A.L. 2022
photo A.L. 2022
photo A.L. 2022

Le bon goût de l’Intendant

Au XVIIIe siècle, l’Intendant d’Etigny dote sa ville d’Auch (Gers, France) d’un hôtel de ville avec théâtre à l’Italienne, qui accueille toujours régulièrement des concerts. Au plafond peint dans le goût de l’époque, on peut voir – c’est bien le moins – des représentations de la musique reproduites ci-dessous. On y reconnaîtra : un tambour de basque et un hautbois, un clavecin, un luth, des lyres, des partitions, une guitare, des buisines.

Les balcons sont aussi décorés de nombreux médaillons représentant des instruments, mais ceux-ci attendront un prochain billet et surtout l’occasion d’aller les photographier.

photo A.L. 2022
photo A.L. 2022
photo A.L. 2022

« A la fraîche ! A la fraîche ! »

C’était, dans le Paris du XIXe siècle, l’appel des marchands de coco, une boisson fraîche à base de réglisse et d’eau citronnée. Ils arpentaient les rues munis de leur fontaine ambulante en tôle peinte et décorée. Celle-ci, exposée au Musée de Montmartre (Paris, France) est surmontée d’un ange soufflant dans une buisine.

Les trompettes du couronnement

Cette miniature incluse dans un vitragee du château de Chaumont-sur-Loire (Loir-et-Cher, France) représente de toute évidence un couronnement : baptême, couronne, tout y est. Le couronné n’est pas identifié, mais le couvre-chef du prélat laissant penser qu’il ne s’agit pas d’un simple évêque, ce n’est sans doute pas un roi mineur ! Pas étonnant donc que l’on le célèbre à son de trompettes et de buisines.

photo A.L. 2022

Petit ange, grandes trompes

Dans l’iconographie musico-chrétienne, la buisine est généralement l’instrument des grands anges annonciateurs, les angelots jouant d’instruments moins péremptoires. Celui-ci, croisé sur une fenêtre du château de Chaumont-sur-Loire (Loir-et-Cher, France), s’est emparé non pas d’une mais de deux buisines dans lesquelles il souffle avec l’ardeur de ses joues rebondies.

photo A.L. 2022

Couronnement en musique

Ces deux tableaux, l’un de Botticelli, l’autre de Neri di Bicci de 25 ans son aîné, représentent le Couronnement de la Vierge. Scène emblématique de la peinture religieuse, elle est célébrée en musique par un cortège d’anges : buisines (étrangement courbées), flûtes et harpe pour la première, luth et orgue portatif pour la seconde.

photo A.L. – 2021
photo A.L. – 2021

Chemin de croix en musique

Cette tapisserie décorant un salon du musée Jaquemart-André (Paris, France), représente une station du chemin de croix. Quel est ce musicien en marge de la scène et surtout de quel instrument joue-t-il ? A la forme général on pourrait penser à une bombarde, mais la façon de jouer ne correspond pas. Une buisine alors ?

photo A.L. – 2021

Vénus en fanfare

Ce « transit de Vénus » représenté au plafond de l’Observatoire de Paris, met en scène une escadrille d’angelots, dont l’un n’a pas oublié sa buisine : est-ce pour annoncer cet événement de portée astronomique ?

photo AL – 2021

Anges annonciateurs

Qu’annoncent, en soufflant dans leurs buisines, ces deux anges, perchés au dessus de l’autel, dans l’église Saint-Jacques-le-Majeur et Saint-Christophe de Houdan (Yvelines, France) ? La prochaine résurrection du Christ en croix qu’ils encadrent ? Lui, toujours, regarde ailleurs, comme s’il n’appréciait pas leur musique.

photo AL – 2021