Carrières musicales

L’édition 2022 des Carrières de Lumière, aux Baux-de-Provence (Bouches-du-Rhône, France), consacrée à Venise, la Sérénissime, fait la part belle à la peinture de Canaletto et à la musique de Vivaldi. Pas étonnant donc que l’on y croise quelques instruments dits « anciens » : buisines des hérauts dogaresques, luth courtois, et presque toute la famille des violes (dessus, tailles, contrebasse) dans les Noces de Cana de Véronèse, où l’on devine aussi trompette et cornet.

photo A.L. 2022
photo A.L. 2022
photo A.L. 2022

Le bon goût de l’Intendant

Au XVIIIe siècle, l’Intendant d’Etigny dote sa ville d’Auch (Gers, France) d’un hôtel de ville avec théâtre à l’Italienne, qui accueille toujours régulièrement des concerts. Au plafond peint dans le goût de l’époque, on peut voir – c’est bien le moins – des représentations de la musique reproduites ci-dessous. On y reconnaîtra : un tambour de basque et un hautbois, un clavecin, un luth, des lyres, des partitions, une guitare, des buisines.

Les balcons sont aussi décorés de nombreux médaillons représentant des instruments, mais ceux-ci attendront un prochain billet et surtout l’occasion d’aller les photographier.

photo A.L. 2022
photo A.L. 2022
photo A.L. 2022

Nu à la viole

Ce tableau d’Hans Baldung dit Grien (v. 1484 – 1545), visible à la Alte Pinakothek de Munich (Allemagne) représente assez fidèlement – ce qui est rare – une viole ténor, même si le côté allégorique du tableau laisse le musicologue dubitatif sur la taille de l’instrument.

photo C.P. 2022

Boire en musique

Ce cortège bacchique, issu de la collection privée de Jean-Auguste-Dominique Ingres, et visible au musée qui porte son nom à Montauban (Tarn-et-Garonne, France), affirme s’il en était besoin que le vin et la musique – si modeste soit-elle sortant d’une simple trompe – vont bien ensemble !

photo D.B. 2022

Musiciens tentateurs

Ce tableau de la Tentation de Saint Antoine, attribué Cornelius de Baellieur (Anvers, 1607-1671), a été longtemps dans la famille. Outre le saint tenté, et la jeune femme et son verre de vin symbolisant la tentation, on y trouve 2 musiciens qui semblent tout droits sortis de l’univers de Jérôme Bosch : un vielleux mendiant pèlerin de Saint-Jacques, et un animal hybride, mi-belette mi-lapin, dont le nez se prolonge en une sorte de bombarde.

photo A.L. 2022
photo A.L. 2022

Couronnement en musique

Ces deux tableaux, l’un de Botticelli, l’autre de Neri di Bicci de 25 ans son aîné, représentent le Couronnement de la Vierge. Scène emblématique de la peinture religieuse, elle est célébrée en musique par un cortège d’anges : buisines (étrangement courbées), flûtes et harpe pour la première, luth et orgue portatif pour la seconde.

photo A.L. – 2021
photo A.L. – 2021

L’Amour triomphe en musique

Ce tableau d’un atelier florentin contemporain de Botticelli, figure le triomphe de l’Amour, qui se célèbre en musique : sans tambour mais avec trompettes et bombardes !

photo A.L. – 2021

Le luth, on peut le voir en peinture !

Ce tableau, qui fait partie des collections du musée Jacquemart-André (Paris, France), est intitulé à juste titre « Jeune joueur de luth ». En effet, le luth est un des instruments les plus représentés en peinture, mais souvent avec des libertés prises avec l’organologie. Ici, rien à dire de tel, l’instrument est représenté avec un rare réalisme.

photo A.L. – 2021

Orientalisme et musique

Exposé au Mucem (Marseille, France) ce tableau représente un évènement historique du Saint Empire Romain Germanique : un émissaire de Ferdinand 1er achetant l’étendard royal d’Espagne à des pirates turcs. Parmi les détails évocateurs de l’orientalisme en vogue au tournant des XIXe et XXe siècles, au prix parfois de quelques anachronismes, les instruments de musique ont leur place avec ce saz (à moins que ce ne soit un buzuk), dont est issu le bouzouki grec.

photo AL, 2021